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Souvenirs du réel

by Alamanon

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1.
Derrièr’ les rideaux dans un canapé de cuir est une grande fille bell’ comme au lido avec un joli sourire et de très grandes quilles. Ell’fait dans ses mains, le dessin d’un chien, fidèle et couché qui lui chauff’ les pieds. Langoureuse un peu pas trop mais en sous-vêt' elle va voir à la glace comme ses cheveux, silencieuse comme muette, se torsadent et s’enlacent. Elle attend un Jules, une espèc’ de mule qui lui fait l’amour sans lui dir’ bonjour. Miroir et image elle remet de la couleur blanche sur ses pommettes sans hâte et sans rage, elle sait fair’ battre son cœur, et se dit c’est trop bête : D’être à ce garçon qui sent le poisson. Il vient tout à l’heure, je l’sais c’est son heure. Ell'vêt une robe une veste un pantalon, elle pinc’ ses cheveux Les cache sous un bob, met en ordre le salon, et puis elle fait un vœu Le veux-tu toi l'chien, - Toi qu’est l’seul typ’ bien - veux-tu prendr’ la fuite ? Si oui, c’est tout d’suite... Dans les rues de l’ombre, elle va là où la mènent son cœur et son instinct. Fille de la tombe et puis fill’ de la peine, ô la pauvre putain. Mais seule elle se perd, elle n’a pas de flair. Et puis cette ville, la rend malhabile. Les rues sans lumièr’s sont celles où l’on chemin’ quand on a pas d’espace Que lui veut la terre, as-tu vingt ans la gamine, on choisit pas sa place. Où est son pays ? Mais qui vit ici ? Qui sont tout ces gens aux airs importants ? Ell’ parle à personne, pour la raison que la langue elle ne la connaît pas. Ell’ s’appelle Yvonne et tous les soirs si elle tangue des hanches, c’est pour toi.
2.
03:43
Je vous ai apporté un paquet d’églantines Et puis tout un bouquet de belles capucines Y’en a d’toutes les couleurs, y’en a pour tous les cœurs, Prenez-en c’est pour vous, moins celle-ci c’est pour Lù. Je vous ai apporté des bottes de pensées Y’en de toutes les sortes, elles aiment se mélanger Des roses et puis des bleues qui caressent les yeux Allez-y, servez-vous, moins celle-ci c’est pour Lù Les filles mon père Elles m’animent sévère Mais c’est Lù mon père Qu’a la fleur qu’j'préfère ! Je vous ai apporté cent trente et une violettes Autant que toutes les semaines que j’vous ai dans la tête Qui ça ? Voyons personne, occupez-vous d' votre homme ! Et prenez ces fleurs vous, moins celle-ci c’est pour Lù. Je vous ai apporté des brassées de glaïeuls Madame passez bien l’bonjour à votre filleule En souvenir de son joli petit bidon Et de ses vrais bisous, moins cette fleur c’est pour Lù ! Les filles ma mère Elle m’animent sévère Mais c’est Lù ma mère Qu’a la fleur qu’j'préfère ! Je viens de récolter cent cinquante trois mille roses J’ai les mains toutes griffées mais c’est pour quelque chose C’est pour flancher un cœur et pour gagner mon beurre Madame je suis fleuriste et pour ma Lù...
3.
03:16
Y’avait une fleur aujourd’hui sur une branche jolie, Dans le froid de février qu’est tout gris dur à porter. Mais y’a une fleur aujourd’hui de l’horizon à ma folie, Sous le ciel de février, rosée elle semble l’été Je m’approche doucement Le cœur plein d’sentiments Comme en fleurs j’n’y connais rien J’n’ai pas trop l’air malin Y a mon collègue aujourd’hui dans la guérite de la folie Qu’a des médaille qu’est décoré qui roupille toute la journée Y a mon collègue aujourd’hui dans la guérite pas jolie Qu’est rosé, qu’est amoché en février et toute l’année. Je m’approche doucement, Lui d’mande gentiment « En nom d’fleurs j’n’y connais rien Dis sais tu qu’elle est le sien ? » « Qu’es t’a’ pauv’ type aujourd’hui, tu fais le beau cœur pour qui Fais ton boulot et fait pas chier pauvre tapette sale Pd ! » Alors j’fais ma ronde de folie, car faut bien gagner sa vie Et voilà qu’j’ai la nausée, c’est c’t idiot qu’a tout cassé. Je me résonne, doucement Revient mes sentiments Comme en fleur j’n’y connais rien J’lui ai donné le sien !
4.
Faudra que tu y ailles à pattes sans ta bagnole Faudra bien regarder en face, les oiseaux, les gosses de nos écoles. Tu as quoi dans ta besace de plus qu'une clé des villes ? Tu travailles pour un fantôme d'un fantôme c'est qui au bout du fil ? Tes paris perdent Ton ange était ton diable ; lorsqu'il a parlé fort Ses désirs trop longtemps contenus t'envoient dans le décor ! Pas de mal... Première chance... Il revient à la charge Maintenant que tu es tout nu tu rameras dans son équipage. L'argent et le confort, tout était pour lui plaire Mieux vaudrait ne rien dire à ta femme de ta situation elle était tellement fière ! Mais l'train est en avance, et ça te fout les boules Ne sais-tu pas que toutes tes actions étaient en différé ma poule ? Tes paris perdent Tout était favorable, pour ne pas que tu tombes Ils avaient chassé les vagues, mais ils ne pouvaient pas chasser ton ombre. Leur monde est si sordide, le tien si misérable qu'hier encore la gentillesse se levait pour t'offrir une table ; Tu as cru dans son sourire, tu as mangé de bon cœur, C'était comme dans un rêve, et toi, tu aspires un jour au bonheur ! Bon sang c'est tellement triste, j'aimerais changer de chaîne Mais le réseau fait des caprices... Elles sont toutes européennes ! Gentil cerveau cupide qui veut devenir Euromillionnaire Faut pas jouer au plus malin, quand on est d'une souche ordinaire. Ils préparent le terrain, n'as-tu jamais vu ton fantôme ? A travers les vallées on a voté non, ils ont dit oui dans une assemblée d'une centaine d'homme ! Faudra que tu ailles à pattes sans ta bagnole Faudra bien regarder en face, les oiseaux, les gosses de nos écoles. Pourvu que tu t'en sortes et que tes clés fragiles Ah... Les ambitions comme les tiennes, un jour, fassent des enfants plus subtils.
5.
03:09
J’t’invitais au cirque tzigane, petite fleur Mais tu n’as pas senti leurs âmes dans ton coeur Tu m’as dit ces gens sont sales, leurs mœurs immorales J’t'invitais à regarder l’automne, tout mon or Magnifique sur les quais de la Saône, j’ai eu tord Tu m’as dit j’préfère l’été J’t’invitais à voir les sauvages, ma sirène Sur la Loire les oiseaux de passage, mais hautaine tu m’as dit t’es un gars louche, ton cul sur une souche J’t’invitais au bord de la mer joli corps, un jour où le vent était fier, excessivement fort Et voilà que maintenant tu rigoles, qu’enfin tu es folle ? J’t’invitais au cirque tzigane, petite fleur Mais tu n’as pas senti la flamme dans mon coeur Oh tu t’en foutais de l’automne, tout mon or J’aurais pu être ton homme, j’ai eu tort Tu m’as dis j’préfère l’été J’ai cru que tes yeux étaient sauvages, ma sirène J’ai vu ton corps, j’ai vu un mirage, j’ai de la peine.
6.
03:57
Ismaël dit que je suis trop dur avec les autres. Et qu'un jour à leur tour ils se vengeront sur moi qui ne veut pourtant rétablir que les fautes, et lancer à mon tour mes chaussures sur leurs côtes. Alors quand le grand boss ce ramène plein de morgue, et de naïveté feinte, fausse politesse - pour offrir sa bouteille à celui qui sans orgues, c'est bien trouver son eau à la source et le reste - il me dit à ton poste en silence, garde ton job et ta science. Je suis vieux j'ai vécu, je me fous de leurs mœurs. Ca fait trente ans que je bosse ici à la plonge de cette cantine, et toujours les nouveaux directeurs se succèdent et se mentent, alors songent que ces seigneurs, je les connais comme je connais le Maroc, l'Italie, la Sicile. Et quand je communique avec toi dans ta langue, pour celui qui m 'provoque je suis sourd, je suis muet. Car ces cons ils m'expliquent comment on travaille bien que je sois dans ces murs le plus vieux ! Mais Ismaël, pourquoi on te laisse solitaire ? Aujourd'hui à ton poste il y a besoin de deux personnes ! Toutes ces assiettes à laver encore, ces couverts, ces plateaux, ces bols, ces ustensiles et ces verres ! Tu ne peux pas être au four et puis au moulin. Au cul et à la gueule de se lave vaisselle ! Comment gérer ce tapi roulant à deux mains ? D'un coté le propre et de l'autre la poubelle ? Pas besoin d'avoir un bac plus trois, pour comprendre qu 'on ne peut pas ! Vous pouvez vous bercer, vous mentir étudiant. Fils à papa maman qui toujours en retard, rend son plateau sans songer que passe le temps, et qu'autour de vous dansent les balais vivants. On en voit même faudrait la chandelle je vous jure. Tandis que l'eau du lave vaisselle se dépense, que la grande gueule attend leur deux trois ordures, ils sont là, suffisant, ils digèrent, et ils pensent, qu'ici ces messieurs sont des clients, dans une cantine d'étudiant ! Alors avec Ismaël, on se regarde et on rit - De ces braves qui demain seront nos directeurs ! De ces braves qui ont tellement déjà de mauvais plis ! De ceux là qui n'ont encore jamais gagné leurs vie ! De ceux là qui nous feront des sermons sur l'hygiène ! Des études à n'en plus finir et sans bactéries ! De ces idiots béats devant des lois pérennes, quand dans l'instant un homme est solitaire l'ami, sur un poste, où on ne peut pas, sans avoir un bac ou trois !
7.
Dans une auberge sans futur au toit bientôt effondré Je commençais mes voyages avec trop de livres dans mon sac Sur la baie de Galway, les oreillettes du Walkman enfoncées Je réapprenais l'anglais avec Blood and the Tracks. Rapidement je quittai l'auberge et mes camarades français En quittant mon pays, je fuyais aussi sa langue. Sous les combles d'Abbeygate Street debout sur un tabouret Je fumais ma fierté sur les toits de décembre. Aujourd'hui que je ne vois plus les yeux qui figeaient Les premières années de ma sensibilité Je me demande comment on fait ces sentiments là. Nouveau et enthousiaste, la veille encore j'aurais suivi Elisa à Dublin, mais le jour suivant arrivaient Un ami ainsi que ma famille qui n'avaient malheureusement pas compris Que celui que j'étais Elisa l'emmenait. Ici mais absent, on me fit des reproches Alors, je pris un Ferry et je laissai sur le quai ma peine et mes défauts et ceux là de mes proches Qui me voulaient comme avant, quand l'absence d'Elisa me rendait muet Aujourd'hui que je ne vois plus les yeux qui figeaient Les premières années de ma sensibilité Je me demande comment on fait ces sentiments là. Sans nulle part où aller, j'errai un temps puis je retournai En détresse chez mon père où six mois m'absorbèrent, Comme une mer étale que les marins redoutaient, quand naviguaient Encore la Trinidad ou Santa Maria pour une quête sincère. J'attendis, puis je rengeai ma chambre comme pour partir Vers un voyage impuissant duquel on ne revient pas, Quand un ami me dit l'homme que tu es te fait souffrir J'ai une chambre pour toi rue Vasco de Gama ! Aujourd'hui que je ne vois plus les yeux qui figeaient Les premières années de ma sensibilité Je me demande comment on fait ces sentiments là.

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CD - 7 titres - Mai 2014

« C'était mieux avant ! » Rien n'est moins sûr, mais rien n'est plus vrai. Si on voulait faire disparaître un pays, on le gaverait d'histoires qui ne le concernent pas. J'ai rencontré un peintre cette année qui me disait, les jeunes d'aujourd'hui ne bougent pas assez... A la terrasse du café, François, un parrain de mon album, me fait un clin d’oeil qui voulait dire « offres un CD à cette personne âgée qui a bourlingué ». Vite, je vais chez moi à deux pas, prends un album, et je le lui donne. Je ne sais pas si René Schlosser a écouté « Souvenirs du réel », mais quand il a reçu mon présent, après qu'il l'ait tourné dans tout les sens, il a dit: « Souvenirs du réel ! Et bien toi t'es gonflé ! » Oui, à 34 ans, on ne peut pas prétendre avoir des souvenirs, mais on peut remuer ceux qui nous fondent.

credits

released May 14, 2014

auto-production - Auteur Compositeur : Jeremy guy claude Casseron

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Alamanon RA, France

Folk, auteur, chanteur, indépendant.

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